Histoire de la capoeira
La capoeira est un art qui réunit la danse et le combat. Elle a été développée par des esclaves africains au Brésil qu'à cette époque était une colonie portugaise. Comme il était interdit aux esclaves d'exercer n'importe quel type d'art martial, ils étaient obligés de "déguiser" toute forme d'entraînement physique. Ils ont alors intégré des exercices pour l'agilité et la vitesse du corps dans des anciennes danses rituelles africaines. Ainsi la capoeira trouve son origine particulièrement dans le "N'angolo", une forme de danse pratiquée par les noirs Bantus venus d'Angola et dans laquelle ils imitent les mouvements du zèbre. De nombreux esclaves ont effectivement pu fuir grâce à la capoeira et ont construit des villages cachés et fortifiés dans les forêts qu'on appelle des "quilombos". Même après l'abolition de l'esclavage en 1889 la capoeira resta longtemps interdite au Brésil puisqu'elle traduit la résistance et la révolte contre les maîtres blancs..
Depuis ses débuts, la Capoeira fut persécutée et le capoeiriste considéré comme un marginal, un délinquant dont la société devait se protéger notamment par des lois qui les encadraient et les punissaient. L'oppression persista durant des siècles. Dans les années 1930 commenVa un nouveau cycle de l'histoire de la Capoeira. A cette époque, le Brésil se trouvait dans une situation difficile sous un régime totalitaire et parmi les lois pénales, il en existait qui considérait les capoeiristes comme des individus dangereux, ce qui rendit leur situation plus triste encore. C'est alors que le capoeiriste Manuel dos Reis Machado, plus connu sous le nom de Maître Bimba, fut convié au Palais du Gouvernement par l'Intervenant Fédéral de l'Etat de Bahia, Juracy Montenegro Magalhães. Maître Bimba craint alors d'être emprisonné mais c'est avec surprise que le gouverneur lui demanda de faire une démonstration de son art avec ses élèves devant les amis et autorités au palais, afin d'exhiber l'"héritage culturel" brésilien.
Pour la première fois, le 9 juillet 1937, une académie de Capoeira, celle de Bimba, fut registrée et reconnue par le Secrétariat de l'Education, de la Santé et de l'Assistance Publique.L'ascension socioculturelle de la Capoeira prit son envol et trouva sa place dans la musique, les Arts plastiques, la littérature, etc. L'histoire nègre au cours de laquelle la Capoeira et les autres formes de manifestations culturelles étaient considérées marginales par la société prit fin: la Capeira survécut et le Noir préserva sa lutte et en la transformant, la rendit proprement brésilienne. Les persécutions n'aboutirent en rien et nous devons aux Noirs cette capacité de résister et de lutter dans les situations les plus difficiles. De nos jours, la Capoeira acquiert chaque fois d'avantage d'adeptes de toutes races et de toutes couches sociales du Brésil et de nombreux autres pays dont le nombre est sans cesse croissant. Ces autres pays lui permirent de gagner une reconnaissance mondiale en tant qu'Art en rythmes et en mouvements qui exprime toute la créativité d'un peuple longtemps opprimé. Malgré ce développement, la société reste pourtant souvent inconsciente des vraies valeurs et des apports qui peuvent advenir de la connaissance et de la pratique de la Capoeira.
Elle est toujours symbole de la lutte contre l'oppression et la discrimination. Sa fonction qui à l'origine était surtout celle de la défense contre les oppresseurs est devenue de plus en plus aussi celle de l'éducation. Aujourd'hui, en effet, un grand nombre des projets sociaux effectués au Brésil, notamment avec des enfants de la rue, se trouve accompagné ou même initié par des écoles de Capoeira.
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